Pratiquement deux années à vider ce goulp…
J’ai renoncé à enregistrer mes allers et retours à la déchetterie. Je dois allègrement dépasser la trentaine de déplacements à vider méticuleusement dans les bennes dédiées.

Un ce matin, deux autres hier.
Comme d’habitude, du vrac, beaucoup de vrac : vieux abats-jours déglingués, trois tonnes de torchons limite moisis, de la literie, une table en métal (…qui a trouvé un nouveau propriétaire)… Une autre devait suivre mais je n’avais pas les clés pour la démonter.
Et puis il y a le prochain chargement qui commencer à s’entasser dans le garage…
Cette fois-ci, il s’agit des produits toxiques qui ne sont collectés qu’un jour donné : vieux détachants, produits non identifiés mais avec quelques symboles clairs, solvants, produits ménagers en fin de carrière, piles usagées, ampoules vrillées…

Pots de peintures, bidons d’huile moteur…

J’accumule le long de la porte du garage cet héritage (sic…!) en nombre…

En faisant un dernier tour, je tombe sur un ultime spot que j’avais délaissé… Joie et bonheur.
Cela aura nécessairement une fin. Ou pas…!
Oui, sans.
Maintenant que je suis un vieux biiiip, que je commence à avoir un peu de temps devant moi, j’en profite pour réaliser ce que je n’ai jamais eu l’opportunité de faire, revisiter les musiques entendues naguère, bien avant de revenir en France, bien avant une réintégration au forceps dans le dispositif scolaire, bien avant d’enchaîner une quasi décennie de pensionnat.
La musique chez mes parents, c’était leur affaire, leurs disques avec une chaîne stéréo aux baffles volumineuses.
Ma mémoire du jazz et de la musique cubaine, c’est ce qui m’est resté de l’époque où, gamin d’expatriés, je n’étais pas (ou peu) scolarisé. Ensuite, long tunnel jusqu’à mon entrée à l’école d’architecture. Pendant cette période, pas de radio ni de disques en pension, pas de copains musiciens, une guitare sommaire à la Bobby.
Bref, toute une éducation à (re)faire…!
Certes, dans ma vie d’adulte, je me suis rattrapé. Il est clair que j’ai des tas de manques que je m’efforce de combler.
Tout ceci pour dire que iTunes est un sacré outil pour rafraîchir ma boîte à souvenirs.

Récemment — lire urbanbike | 2015, flottements, questions… — je me suis repassé en boucle I’ll remember April mais j’avais conservé en mémoire d’autres interprétations avec d’autres musiciens.
Mais les quels ? Oui, je ne sais si c’est un Alzheimer précoce mais j’ai peu de mémoire des noms propres.
Sauf que sous iTunes, il y a une méthode fort simple : faire une recherche avec “I’ll remember April” comme mot clé.

Et, bingo, j’ai retrouvé (une cargaison…!) de versions entendues interprétées par Dexter Gordon, Chet Backer, Stan Getz mais également Martial Solal, Tete Montoliu (redécouvert récemment), Cal Tjader (idem), The Modern Jazz Quartet, etc.





Gros intérêt supplémentaire, pouvoir écouter les premières secondes de chaque interprétation et, en utilisant Drafts 4, — voir urbanbike | Pratique : récupérer des infos iTunes avec Drafts 4 iOS — constituer un catalogue imaginaire.
Et comme les dates sont parfois inscrites, de très chouettes surprises. Comme ce Tjader Plays Mambo de 1956… Ou ce Hamp & Getz de 1955 avec une interprétation de Louise suivi de ce Diz and Getz de la même année.
Et enfin, Stan Meets Chet de 1958 avec I’ll remember April, petite madeleine (sic…!) sonore…! Bien entendu, aucune certitude, juste une impression de déjà entendu sans aucune garantie…!
En conclusion, comme l’expérience est reproductible par tous, c’est un prétexte pour partager.